Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 09:48

images-1-copie-3.jpeg

 

   Alors que vient de se terminer la projection des deux épisodes de Toussaint Louverture, le Figaro se demande pourquoi prendre de telles libertés avec l’histoire ? Voilà la polémique du jour lancée ! 

   Dès la première minute, le film débute sur une scène d’horreur. Le père de Toussaint est jetée à l’eau et meurt noyé sous les yeux de son fils. 
 

  « Or, le père de Louverture n'a pas été jeté à l'eau par un blanc, il était protégé par son maître et il est mort presque centenaire, s’écrie indigné Gérard de Cortanze.1

   Il poursuit : je cite « Je veux bien qu'on dramatise pour les besoins de la fiction, mais là il y a une volonté de détourner la vérité historique pour que les Blancs apparaissent comme des esclavagistes et des négrophobes, déplore l'éditeur. 

  « La famille de Toussaint n'a jamais été séparée au fort de Joux en plein hiver mais à Saint-Domingue renchérit Alain Foix, biographe de ce génie. 

  « Si j'ai transposé la séparation de la famille de Toussaint dans la neige et inventé la noyade de son père, c'est pour montrer la violence qui était faite à ces gens répond, à juste titre, Philippe Niang, le brillant réalisateur. Le film n'a rien de manichéen, poursuit-il. Au contraire, il va dans le sens de la concorde et ne cherche pas à opposer les méchants Blancs aux bons Noirs. Toussaint est affranchi à l'âge de 33 ans par son maître qui est un Blanc. Le général Lavaux, son ami tout au long du film, est également un Blanc. » 

   Il y a, peut-être, « une vraie volonté de tricher », mais c’est un devoir de mémoire pour que nous n’oublions pas Goré ou ces propos scandaleux que ce misérable Arouet s’est permis d’écrire. En voici quelques exemples édifiants. Je cite : 

   « Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. » Tiens donc, je ne savais pas que l'intelligence se trouvait entre les orteils.

    « Les blancs et les nègres, et les rouges, et les Lappons, et les Samoïèdes 2, et les Albinos, ne viennent certainement pas du même sol. La différence entre toutes ces espèces est aussi marquée qu'entre un lévrier et un barbet. » Sauf que ce crétin ignorait qu'il n'y a qu'une espèce humaine.

  « La plupart des Nègres, tous les Cafres, sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront longtemps. » Incroyable, mais vrai !

   Et pour terminer, la cerise sur le gâteau ou, pour les amis francophones, la saucisse sur la purée : « Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur. Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir " ! Et allez donc !

  Et on vous enseigne que c'est un philosophe du siècle des lumières !  C'est un inqualifiable contresens. 

 

 

 

ÉDIFIANT ! À MÉDITER.

 

1 Gérard de Cortanze est directeur de la collection "Folio Biographie" chez Gallimard qui a publié la biographie « Toussaint Louverture » d'Alain Foix.

 2 Samoyèdes : rameau de la famille ouralo-altaïque, habitant les bassins de l'Ob et de l'Iénisséi. Ça fait classe !

 

Par Yves Cirotteau - Publié dans : BRÈVES DU JOUR - Communauté : critiques littéraires
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés