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Définition de la civilisation :
Action de civiliser // Ensemble des caractères communs aux sociétés les plus évoluées.
NOUVEAU LAROUSSE ÉLÉMENTAIRE
Civiliser : (XVI ème siècle) Faire passer une collectivité d’un état primitif à un état plus évolué dans l’ordre moral, intellectuel, artistique, technique.
LE ROBERT
Quelques citations :
Le sociologue et ethnologue Marcel Mauss écrivait (1902) « Il n'existe pas de peuples non civilisés . Il n'existe que des peuples de civilisations différentes . » S’agissait-il dans son esprit d’un vœu pieux, d’un souhait ou d’une aspiration naïve à un monde meilleur ? Ecrirait-il la même chose aujourd’hui ? Je n’en suis pas sûr, je n’en sais rien et personne non plus.
Commençons par quelques définitions de ce mot. En cherchant des citations d’auteurs définissant - à leurs yeux - ce que représente la civilisation, on découvre qu’elle a plusieurs niveaux de valeur.
Pour Jean Giraudoux, je le cite : « La France a une civilisation dont elle n'est pas propriétaire, mais dont elle est responsable devant l’univers. » Ni plus, ni moins. C’est dire à quelle hauteur il la place. Abondant dans son sens, Charles de Gaule poursuit, en se plaçant cette fois-ci au niveau de l’individu : « À la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée, ses croyances, ses opinions, son travail et ses loisirs. ». Ce que Georges Duhamel réaffirme en disant : « Si la civilisation n'est pas dans le cœur de l'homme, eh bien ! elle n'est nulle part ». La civilisation nous concerne tous et elle est le fait de chacun.
La civilisation serait-elle cantonnée seulement dans le cœur de l’homme ? Il semble bien puisque certains n’hésitent pas à affirmer l’un « que la bonté civilise l’intelligence » (Malcolm de Chazal), pour un autre « c’est l’amour qui est le miracle de la civilisation » (Stendhal), pour tel autre « la tolérance, c’est la civilisation par excellence » ( Gilles Perrault). À moins que je n’abuse le lecteur, bonté, amour et tolérance sont des valeurs morales qui ne sont pas discutables.
Les sociétés ont toujours eu vis-à-vis des femmes des comportements inacceptables. Stendhal n’hésite pas à écrire que « par dessus tout, la civilisation c’est d’avoir pu libérer la femme de ses servitudes » et d’ajouter : « L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain, car selon Alexis Carrel, c’est « le développement de la personnalité humaine qui est le bût suprême de la civilisation ». À la condition qu’on ne la soumette pas au nom de principes d’une autre âge.
« Une civilisation n’a pas vocation à être un miroir », nous dit François-Robert Zacot. C’est exact, elle se doit de donner l’exemple afin que celles qui n’ont pas atteint son degré d’évolution la rejoigne et, pourquoi pas, un jour la dépasse car je suis convaincu que le maintien de la civilisation offre la possibilité d’obtenir de chaque nouvelle génération une nouvelle transformation des penchants, condition - selon Sigmund Freund - d’une civilisation meilleure. Nous retrouvons encore cette notion de valeur qu’il ne convient pas de contester.
Pour autant est-il besoin de rappeler que « partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne » ? Ce n’est pas de moi, mais de Victor Hugo et, à en croire Edouard Herriot : « La valeur d’une civilisation se mesure à ce qu’elle sait - non pas créer mais entretenir ». J’ajoute que l’on ne peut pas le cataloguer « de droite » pour ses opinions politiques. Pas plus d’ailleurs qu’Aimé Césaire qui précise, je cite : « Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes de son fonctionnement est une civilisation décadente ».
Décadence, peine de mort, brimades, lapidation ne me paraissent pas des valeurs dont s’enorgueillisse notre civilisation et encore moins qui les défende ou ceux qui les professent.
En conclusion : La civilisation est fragile comme une fleur. Plus elle est belle et plus elle attire les doigts cruels qui couperont sa tige et lui donneront la mort. (Lao She).
« Le jour où le dernier des imbéciles deviendra supérieur au premier des singes, la civilisation aura fait un grand pas ».