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Bonjour, mon tendre, mon merveilleux amour.
Ce n’est donc pas la Saint Valentin. C’est un jour ordinaire. Un jour qui, comme tous les autres jours d’un mois de février de n’importe
quelle année, commence à l’aube et se termine le soir.
Un jour où il faut se lever pour travailler, se doucher comme n’importe quel jour. Puis il faut s’habiller et se poser la même question que tous
les autres jours d’un mois de février aussi anonyme que tous les jours de ce mois d’hiver. Ensuite, il faudra prendre son petit déjeuner, mettre sa polaire pour affronter le vent, ce même vent
qui souffle toujours dans le même sens dans la rue.
Une fois la porte fermée, tu laisseras le chat roulé en boule et bien au chaud comme il en a l’habitude. C’est ainsi tout au long de l’année. Il ne se pose pas de questions, le chat, car il sait bien que le soir, comme tous les soirs, il entendra le bruit que fait la clef dans la serrure de la porte et puis cette voix qu’il aime « Ça va le chachaou ? ». Peut-être condescendra t-il à se lever de sa couche douillette et à pas mesurés, compte tenu de son grand âge, viendra t-il se frotter à tes jambes, comme tous les soirs.
Alors, après avoir retiré ton manteau, comme tous les soirs de ce même jour du même mois de février, presque à la même heure, tu t’allongeras sur ton canapé, le même canapé que tu aimes parce que là, tu te sens bien. Le chat viendra se pelotonner sur toi.
Et puis, et puis, et puis comme tous les soirs tu te feras un peu de thé ou une soupe, ou bien tu mangeras un peu de fromage. Peut-être allumeras-tu la télé pour écouter la même speakerine blonde te débiter d’un ton monocorde, avec un sourire de commande - comme chaque soir - les dernières nouvelles du jour.
Tu apprendras qu’une telle est morte dans son bain, que l’on se bat dans la capitale de la Grèce, que les bombardements ont fait 200 victimes à Oms etc, etc...
Ordinaire ? Pas tout à fait toutefois. Un détail ne t’aura pas échappé. C’est ici un petit mot, comme abandonné sur ton bureau. Là, c’est une fleur qui orne le vase. C’est un parfum qui flotte dans l’air. C’est l’ombre d’une présence.
C’était une journée presque ordinaire que ce 14 février 2012 là.