Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 15:40


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  Des tables et des chaises en fer, les premières recouvertes de nappes de papier étaient sagement alignées comme à la colo en longues files parallèles.
   Un immense comptoir faisait face aux convives et tenait toute la largeur d'un mur. Derrière fumaient d'immenses marmites autour desquelles s'agitait une armée de torses et de bras nus, couverts de sueur L'huile chaude grésillait, les cuisinières à gaz ronflaient, la vaisselle débarrassée s'amoncelait en tas que des doigts fébriles plongeaient inlassablement dans l'eau chaude. Les chopes de bière ruisselaient de givre. C'était un ballet pantagruélique digne de ces géants de contes de fée.
   Une odeur de fruits de mer, d'échalotes et de vin cuit flottait dans l'air. Ils trouvèrent une place à l'ombre pour la voiture, descendirent en ne fermant pas les portes à clef. Il faisait si chaud et il était déjà si tard qu'ils pressentaient un refus, compte tenu de l'affluence qui se pressait autour des tables et qui ne faisait point mine de vouloir s'en aller. Toutes les tables d'ailleurs étaient prises. 
   C’était un va et vient incessant de jeunes serveurs et serveuses qui apportaient des plats énormes chargés de moules, de crabes, d'huîtres, de crustacés  et de poissons de toutes sortes. Le vin rosé glacé coulait dans les verres, les marmites vides se remplissaient comme par magie.
   Après avoir traversé la route, ils se dirigèrent vers la porte du hall. Ils regardaient avec effarement le travail des uns et des autres - serveurs et servis.  Ce n'était point le raffinement feutré que l'on trouve chez un Ducasse, un Lasserre, un Loiseau, un Guérard, un Rostand ou un Chapel, pour ne citer que quelques noms.  C'était une joyeuse assemblée qui parlait haut dans un brouhahas de fourchettes, de couteaux et de verres qui se heurtaient, dans des bruits de succion, d'aspiration, et  de rots mêlés à des éclats de rire. On était bien, on s'amusait  bien et on le faisait voir.      
  Les enfants couraient partout et en tous sens, venaient ici et là quémander une frite, un bout de gâteau au chocolat, puis repartaient aussi vite s'amuser. Les cornets de glace de toutes couleurs leur barbouillaient la bouche et le menton. Lorsque la friandise fondait, elle dessinait de longues traînées collantes sur les chemisiers, jupes et culottes courtes après avoir ruisselé le long des doigts, des poignets et des avant-bras. Le spectacle était autant dans la salle que dans l'assiette. Il y avait un côté festif palpable. On aurait dit une symphonie parfaitement orchestrée avec à sa tête un chef d'une colossale démesure dont la personnalité devait être singulière pour engendrer cette bacchanale  champêtre.
   Le personnage qui vint les accueillir en était une, en effet. Une force de la nature, aussi trapu que large, avec un visage rond au cou puissant. Le tour de taille était à la mesure de l'ensemble. Avec un sourire d'une grande simplicité et la joie de recevoir, il écouta avec attention la demande que l'homme n'osa formuler qu'à voix basse tant il semblait impossible que l'on ait encore envie de travailler au beau milieu d'une telle effervescence et par cette canicule.
  Il regarda le couple, les sentit affamé, les jaugea et, se retournant d'un bloc, hurla : 
- Léontine, tu peux servir ces Messieurs Dames.
   Sans attendre la réponse, il indiqua la table, fit apporter deux nappes en papier et leur apporta de suite deux grandes chopes de bière dont ils apprécièrent la fraîcheur dans cette fournaise - je crois l’avoir déjà dit !.
   Teddy - le pêcheur - avait une spécialité. Il faisait des moules d'une richesse gustative inégalée. Il les pêchait lui-même et achetait la crème chez les innombrables copines fermières qu'il se faisait grâce à sa nature généreuse, sa bonne humeur et sa convivialité. Son secret consistait à mettre une impressionnante quantité de crème fraîche dans chaque portion servie, en plus de l'assaisonnement habituel.
Par Yves Cirotteau - Publié dans : LA CUISINE
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 15:32



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Par Yves Cirotteau - Publié dans : Esprit frondeur
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 10:04
La-fontaine leLoup Et Le Chien

CLEAR STREAM
Par Yves Cirotteau - Publié dans : Esprit frondeur
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 09:43
 

Prologue n° III


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La voiture bleue roulait à vive allure sur la départementale 145. Il faisait chaud. En cet après-midi débutante, les passagers avaient soif et ils avaient faim. Ils passèrent sans s'arrêter devant les rares restaurants rencontrés sur la route, soit parce qu'il  était encore trop tôt, soit parce que l'endroit ne leur plaisait pas.    

A dire le vrai, ils avaient une idée précise. En ce jour anniversaire de leurs sept  ans de mariage, ce samedi, veille du quinze août, ils souhaitaient s'offrir dans cette région réputée pour leurs fruits de mer, un repas de qualité. L'auberge devait se  trouver près ou au bord de la mer, il devait y avoir une belle vue et, surtout, l'accueil, la qualité du service et les prix devaient être à la portée d'une part de leurs  espoirs et de l'autre de leurs économies.    

L'homme avait, sans le dire, économisé sou après sou, pour pouvoir fêter dignement  l'évènement. Sa compagne avait fait de même de son côté, si bien qu’après s'être concerté pour savoir ce qu'ils allaient faire - chacun  ayant exprimé ses désirs - ils  étaient allés chercher les moyens de les réaliser.

Ils avaient éclaté de rire en voyant les tirelires et s'étaient embrassés longuement après avoir compté leur modeste - Mais  pour eux suffisant - pécule. C'est ainsi que depuis deux jours, ils se promenaient en Charente-Maritime, faisant  escale dans les petits ports de pêche. C'était le dernier repas avant leur retour, il devait donc être exceptionnel en tout point. C'était évidemment la raison de leurs  hésitations au long de cette route de bord de mer.   

À force de chercher et surtout de refuser ce qui se présente, à force de faire le trop  difficile, comme dans la fable :  « Un goujon, ce qu'à Dieu ne plaise, est-ce là le dîner d'un héron ».  Les hôtels, les auberges, les bistrots et les heures filaient. Il devenait de plus en plus difficile d'espérer  trouver quelque chose d'ouvert et un  patron qui voudrait bien  vous  servir.   Ils  arrivérent au bout d'une impasse, dans un entrepôt où l'on remisait les  bateaux. Avisant le seul habitant des lieux qui fumait tranquillement sur le pas de la porte, ils lui demandèrent si d'aventure, il ne connaîtrait pas un endroit - l'endroit  où ... L'homme repoussa d'un geste machinal sa casquette et indiqua - sans grande  conviction leur sembla t il - une auberge située à quelques kilomètres, précisant qu'il ne savait pas si elle était ouverte ou si, compte tenu de l'heure, le patron accepterait  de les servir.  
- Vous pouvez toujours essayer ! leur lança t il comme ils s'éloignaient.     

Le moral dans la voiture n'était pas au beau fixe, d'autant que - comme toujours dans ces moments - ils se trompèrent deux fois de route. La tension montait  imperceptiblement dans l'habitacle ainsi d'ailleurs que la température extérieure. L'un comme l'autre n'osant avouer que la fête promise commençait bien mal et que,  sans doute, il se pouvait qu’il n’y en eut pas du tout.     

Soudain, au détour de la route apparut un village du nom de Charron. Presque à la sortie, ils avisèrent un impressionnant rassemblement de voitures à l'arrêt autour d'un édifice d'aspect assez rébarbatif. Ce n'était point la belle demeure escomptée.  C'était un bâtiment immense, ressemblant plus à un hangar qu'à une salle de restaurant.

                                                                                                                                                                               A suivre
Par Yves Cirotteau - Publié dans : LA CUISINE
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 09:18
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- J’ t’emmerde, pétasse, connasse, vieux con, va te faire foutre, enculé d’ta mère.  Tels sont quelques uns des propos injurieux tenus par certains « soi-disant élèves » envers leur professeur.

Claques, coups de poings et de pieds, rackets, viols, tournante, agressions à l’arme blanche, lames de rasoir, cuters, crime de sang sont quelques uns des méfaits commis par quelque soi-disant  élève.

L’âge des délinquants s’abaisse. Certains ont maintenant 10 à12 ans. On doit se pincer pour le croire. Où va t’on s’arrêter?

Sans juger sur le fond (la responsabilité de chacun des partenaires dans la « gestion » des élèves), il faut s’interroger sur les faits puis rechercher les causes de cette dégradation progressive et inexorable.

La responsabilité de l’élève est évidente lorsqu’il commet de telles violences verbales ou physiques.

Au pays des droits de l’homme, il existe des textes de loi pour juger de la faute commise et des sanctions pour punir les coupables.

Encore faut-il que la justice fasse son devoir. Que des professeurs soient condamnés parce qu’ils ont flanqué une gifle (ou un coup de lied au cul) à un élève dont le comportement est irrespectueux, est parfaitement inadmissible.

Que tout le monde ait droit à l’école laïque, publique et obligatoire du grand Jules ne signifie pas qu’il a, de ce fait, le droit  de se comporter comme un voyou et de faire tout et n’importe quoi.   

Combien de fois faudra t il souligner que les droits doivent s’accompagner de devoirs. Je n’ai pas - au prétexte que je vis au pays des « Droits de l’Homme »- le droit d’oublier que j’ai aussi des devoirs ou de me moquer de ce mot, comme s’il ne me concernait pas.

Or, ce pays magnifique, généreux au cœur énorme est devenu la victime même de ses propres qualités. Ses vertus se sont retournées contre lui pour une seule raison : le comportement de celui qu’il souhaitait défendre c’est-à-dire l'homme du fait de la nature même de l’homme.

C’est pour cela qu’il devient urgent d’ajouter aux droits de l’homme ses "devoirs" dans le sens large : devoir envers lui-même, devoir envers le pays dans lequel il vit et devoir envers la société qu’il côtoie. 

Cela doit s'apprendre à l'école dès la maternelle. Les parents sont cordialement invités à suivre des cours.

                                                                                                                                                                À suivre

Par Yves Cirotteau - Publié dans : Coup de gueule
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